La Norvège

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14 janvier 2008

Les premiers Norvégiens

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Dans les contrées qui forment aujourd'hui la Norvège, l'apparition des premiers hommes émerge des profondeurs brumeuses de la préhistoire, à l'époque où les glaces recouvrant les terres étaient en voie de se retirer de Scandinavie. Il y a dix mille ans, les ancêtres des Norvégiens chassaient le renne et d'autres animaux le long de leur route vers le Nord. Le pays où ils arrivèrent avait supporté pendant des siècles le poids de la calotte glaciaire : l'océan y rencontrait la terre 200 mètres au-dessus du niveau actuel des côtes. La trace la plus ancienne d'une présence humaine a été découverte sur une colline, dans la région Sud-est du département d'Østfold, à proximité de la frontière suédoise. En ce temps-là, la colline était probablement une île, située directement au Sud de l'extrémité du glacier.

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Si les opinions divergent quant à l'origine des premiers Norvégiens et à l'itinéraire qu'ils suivirent en direction du Nord, il est quasiment certain que l'une des routes qu'ils empruntèrent passait par  Østfold. Les objets trouvés sur ce site sont similaires à ceux découverts dans le Sud de la Suède et au Danemark. Un autre itinéraire possible pourrait les avoir menés par ce que l'on appelle aujourd'hui le continent de la Mer du Nord, jusqu'au Sud-ouest de la Norvège.

Ces premiers Norvégiens vivaient de la chasse, regroupés en petites communautés. Leur mode de vie nous est révélé par les outils en silex, les poteries de terre cuite et - plus spectaculaire - par les gravures rupestres qu'ils ont laissés à la postérité. Les témoignages de leur art se retrouvent dans quasiment toutes les régions de Norvège, sous la forme d'images sculptées ou gravées dans le roc, évoquant le fruit de leur chasse, rennes, élans, cerfs, ours et poissons. Plus rares, mais non moins impressionnantes, sont les représentations de figures humaines ou de bateaux.

En Norvège, le passage à l'agriculture se fit il y a 5 000 à 6 000 ans, à partir de la région du fjord d'Oslo. Les trésors archéologiques remontant à l'Âge de Bronze (1500 à 500 av. J.C.) découverts dans le Sud du pays témoignent pour l'essentiel d'une civilisation paysanne, tandis que ceux de la même période retrouvés dans les régions du Nord montrent que les communautés continuaient à vivre de la chasse. Les vestiges d'implantations assez importantes laissées par des colonies de chasseurs dans de nombreuses localités du Finnmark, tout à fait au Nord du pays, prouvent clairement que l'on pratiquait, dans ces peuplades, une forme de coopération périodique entre les individus.

Des tombeaux remontant à l'époque romaine (0 à 400 av. J.C.) révèlent l'existence de liens avec les civilisations du Sud de l'Europe. On y a notamment retrouvé des outils en bronze, des objets de verre et des armes. C'est également à cette époque que l'écriture apparut dans les régions nordiques, sous la forme des runes

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La phase historique des grandes migrations, entre 400 et 550 av. J.C., fut pour l'Europe continentale une période très agitée. Les découvertes archéologiques montrent qu'il en alla de même en Norvège. L'existence de fermes implantées dans des zones périphériques indique que le peuplement de ces contrées avait atteint un point de saturation. Des analyses pratiquées sur des pollens ont montré que les régions côtières de l'Ouest étaient déboisées. En ces temps troublés, les communautés se mirent à organiser leur défense, construisant des fortifications dont on peut encore voir les vestiges aujourd'hui, sur une distance de 50 km, sur la rive Est du plus grand lac de Norvège, le Lac Mjøsa.

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04 février 2007

Norvège - les chemins du Nord

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Un parcours initiatique de 52 mn pour découvrir, entre terre et mer, l’un des plus beaux pays au monde… Le film documentaire de Pierre Brouwers, extrait de la collection « Découvrir le monde », dresse un panorama géographique complet de la Norvège. Il constitue également un reportage passionnant sur les mille et une facettes de la vie quotidienne, en passant par l’histoire, l’économie, et la culture.

A l’Ouest de la péninsule scandinave, la Norvège, patrie des Vikings et des trolls, arbore un découpage géographique atypique constitué de fjords, de petites îles, de montagnes et de glaciers. Un jeu de cache- cache permanent s’organise entre un littoral de 2 000 kilomètres de côtes et un relief grandiose et triomphant. Ce n'est pas un hasard si certains de ces paysages majestueux ont été récemment inscrits au Patrimoine Mondial par l'Unesco.

Côté mer, fjords et lacs intérieurs découpent une côte occidentale qui demande à être explorée en bateau ou, comme le permettent les magnifiques images aériennes prises par le réalisateur, en hélicoptère. Côté terre, on découvre à pied, à ski ou en traîneau, des paysages romantiques dessinés par les montagnes, les forêts, les plaines et 1600 glaciers sur lesquels le soleil hésite à se coucher l’été.

Le documentaire s'attarde sur ces animaux qui animent d'immenses espaces préservés par le respect que les Norvégiens ont pour la nature. On s'attend à rencontrer oiseaux, rennes et baleines - qui répondent bien entendu à l'appel - mais on se laisse surprendre par la taille de ces impressionnants crabes royaux, découverts au hasard d'une partie de pêche ponctuée de surprises... L'humour aussi est au rendez-vous.

Tandis que la latitude et le relief organisent la répartition d’une faune et d’une flore exceptionnelles, les 4 640 000 habitants que compte le pays vivent paisiblement dans des villes remarquablement organisées ou en bordure de lacs, souvent dans des demeures de bois, au rythme des aurores boréales, des traditions et des sports d’extérieur.

Harmonie, pureté, charme, richesse… ce sont quelques-uns uns des mots que l’on rencontre souvent lorsqu’on évoque la Norvège. Fjords spectaculaires, beauté éclatante des îles Lofoten, vie quotidienne en Laponie, lumières de jour et lumières de nuit, ce nouveau film de Pierre Brouwers vous guide tout au long des fascinants chemins du Nord.

Pour plus de renseignements, veuillez cliquer ici .

Source : Ambassade de Norvège

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21 janvier 2007

L'expédition d'Amundsen en 1906

Il y a cent ans, Roald Amundsen découvrait le passage maritime nord-ouest vers l’Asie. Cette découverte marquait le début d’une carrière internationale extraordinaire, et permit également de recueillir de nouvelles connaissances sur la population inuit.

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Le passage du nord-ouest reste encore aujourd’hui une zone particulièrement dure et difficile d’accès. La glace et les hauts fonds bloquent toujours l’accès aux mers du nord du Canada.

Le Gjøa a débarqué dans la ville de Nome, à l’extrême ouest de l’Alaska, il y a tout juste cent ans. Pendant trois ans, le skipper Roald Amundsen et son équipage - 6 marins expérimentés - se sont frayés un chemin par le nord-ouest. Bien que pressenti depuis le XVIe siècle, ce passage ne sera donc franchi qu'en 1906 par le Gjøa, qui a passé d'abord par l’océan Atlantique puis par le Pacifique, au nord des Amériques. 1906 marque ainsi le début de la carrière d’Amundsen. Les sponsors se firent de plus en plus nombreux pour soutenir de nouveaux voyages.

L’expédition polaire n’était pas particulièrement populaire au moment du départ d’Oslo, trois ans plus tôt. L’histoire raconte qu’Amundsen est parti à bord du Gjøa en pleine nuit pour échapper aux créanciers. Après son exploit, les Etats-Unis, puis la Norvège, lui firent un triomphe. Les anciennes dettes furent annulées, et la célébrité de Nansen fut mondiale.

Autre fait moins connu, Roald Amundsen et ses hommes durent hiverner à deux reprises dans la région habitée par les Inuits (aujourd'hui Port Gjoa). Officiellement, l'objectif était scientifique, car il s'agissait de déterminer le pôle Nord magnétique et de mesurer ses variations chaque année.

L’équipage fut très bien accueilli et put ainsi mieux comprendre la culture, le mode de vie et les traditions d’une population jusqu’alors souvent méconnue. D'après l’ethnologue Susan Barr, qui a étudié notamment à l’Institut Polaire de Norvège et a écrit de nombreux livres sur Amundsen et ses voyages, les descriptions ethnographiques, les images ainsi que la collection de vêtements et d’ustensiles furent les résultats majeurs de l’expédition.

L’équipage connut ainsi les Inuits avant qu'ils ne soient influencés par le monde moderne. La chasse, la cuisine, l’éducation des enfants et leurs relations sociales se perpétuaient ainsi depuis plusieurs siècles.

« D’après leurs documents personnels, les membres d'équipage du Gjøa ont vécu plutôt agréablement à Port Gjoa », explique Barr. Officiellement, l’équipage était sensé garder une certaine distance avec la population locale, ce qui ne semble pas avoir été le cas, toujours d'après ces mêmes documents, et il y aurait aujourd'hui plusieurs descendants des explorateurs.

Ce qui est certain, c’est que les hommes apprirent à résister au froid. Les expéditions suivantes permirent à Amundsen de mettre en pratique les techniques des Inuits, notamment pour ce qui est de l’habillement, de la construction des igloos ou pour trouver de la nourriture. Les hommes du Gjøa vécurent en effet de poisson, de viande d’élan, d’oiseaux et de phoques, et ne souffrirent donc pas de la faim.

Le bateau ne faisant que 70 pieds, il put longer les Iles du Roi William à l’est et au sud, évitant ainsi de larges trous de glaces qui empêchaient normalement les équipages de poursuivre leur route.

Roald Amundsen était officier et skipper. Il était persuadé qu’il ne pouvait y avoir qu’un chef à bord, et non un skipper accompagné d’un chef d’expédition. Pour l'expédition du Gjøa, les coéquipiers furent choisis avec soin. Ils étaient majoritairement originaires du nord de la Norvège, donc expérimentés pour faire face aux conditions polaires. Helmer Hansen, du Vesterålen, et Adolf Henrik Lindstrøm, accompagnèrent plus tard Amundsen lors de son expédition en Antarctique, et Hansen notamment fut l’un des hommes qui réussirent à atteindre le pôle Sud en 1911.

L’expédition n’avait aucun moyen de communiquer avec le reste du monde. L’équipage ne put envoyer de l'actuel Port Gjoa qu'une lettre manuscrite, lettre emportée par des esquimaux. Pendant le troisième et dernier hivernage, Amundsen  parcourut 1300 kilomètres avec un attelage de chiens, de King Point à Eagle City, pour envoyer un télégramme indiquant que le passage du nord-ouest avait été conquis

Source : Ambassade de Norvège

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13 novembre 2005

Harald Règne-Dur

Harald III de Norvège

Harald III Sigurdsson (1015 - 1066), surnommé plus tard Harald Hardraada (vieux norrois : Harald Harðráði, ce qui est souvent traduit par "Harald le sévère") fut roi de Norvège de 1046 à 1066, et le demi-frère de Olaf II. Quand son demi-frère fut tué lors d'une bataille, Harald fut exilé. Il choisit de partir pour Constantinople. Plus tard, il revint en Norvège où il partageat le pouvoir avec le fils de Olaf II, Magnus Ier. A la mort de ce dernier en 1047, Harald devint le seul dirigeant du pays. Harald fut tué à la bataille de Stamford Bridge dans le Yorkshire, en combattant contre Harold Godwinson.

Une jeunesse tumultueuse

Harald était le demi-frère de Olaf le Saint qui fut chassé de Norvège par ses sujets en 1028, avec l'appui du roi du Danemark, Knud Ier le Grand. Ces derniers avaient en effet refusé la campagne d'évangélisation forcée menée par leur monarque. Olaf revint en 1030 en Norvège à la tête d'une armée, bien déterminé à défaire les païens. A cette époque, Harald avait 15 ans et combattait aux côtés de son frère. Les païens réussirent cependant à les défaire à la bataille de Stiklestad où Olaf fut tué (plus tard il fut canonisé par l'église catholique et devint un des saints patrons de la Norvège) tandis que Harald fut grièvement blessé et contraint à l'exil.

L'exil

Harald partit alors pour la Russie où il s'enrôla dans l'armée du roi Iaroslav à Kiev. Ce fut pour lui l'occasion d'accomplir ses premiers faits d'armes et de gagner du prestige en tant que guerrier.

Il fit ensuite partie de la garde varègue de l'impératrice Zoé à Constantinople. Pendant une dizaine d'années, il combattit pour l'empire sur divers théâtres de bataille : en Italie, en Sicile et en Afrique du Nord, ce qui lui permit d'accroître son prestige et ses richesses.

En 1042 ou 1044, Harald repart pour Kiev afin d'épouser Elizabeth (ou Ellisif), la fille du roi Iaroslav.

Le retour au pays

1046 marque l'année du retour au pays pour y réclamer le trône de Norvège. Après une alliance temporaire avec Sven II de Danemark contre son neveu Magnus, Harald rompit cette dernière contre la promesse de Magnus de le laisser régner sur la moitié du royaume. De fait, il régnèrent ensemble sur la Norvège jusqu'à ce que Magnus meurre en 1047, ce qui fit d'Harald le roi de Norvège.

Il consacra les 19 années suivantes de sa vie à continuer l'œuvre d'évangélisation de son demi-frère Olaf, ce qui lui valut le nom d'Harald le sévère. Il est probable que le prestige acquis lors des combats menés durant son exil lui permirent de ne pas subir le même sort que son demi-frère.

Durant cette même période, il se mit en tête de s'emparer du Danemark. Toutefois, malgré les razzias incessantes qu'il opère, le pays résiste tant bien que mal, ce qui le conduit à faire la paix avec Sven II de Danemark en 1064.

L'invasion de l'Angleterre

La mort d'Edouard le Confesseur, roi d'Angleterre et la succession controversé à la tête du pays d'Harold Godwinson réveilla les ambitions guerrières d'Harald. Ce dernier s'allia avec Guillaume le Conquérant et le frère d'Harold, Tostig, pour déposer Harold du trône. Si Guillaume briguait la couronne, Harald ne la désirait pas moins, peut-être à la suggestion de Tostig. En effet, en 1038 ou 1039, une promesse avait été échangée entre Magnus Ier de Norvège (le neveu d'Harald) et le roi d'Angleterre Knud II le Hardi. Ces derniers s'étaient mis d'accord : si l'un d'entre eux mourrait sans héritier direct, l'autre hériterait du royaume. Knud mourrut sans héritier avant Magnus, ce qui servit de prétexte à Harald pour réclamer la couronne d'Angleterre et envahir le pays par le nord.

Harald fit donc voile vers l'Angleterre et débarqua sur la côte du Yorkshire aux environs du mois de septembre 1066. Il s'empare de Scarborough, puis défait les forces northumbriennes à Fullford, le 20 septembre. Le 24, il s'empare de la ville d'York. Toutefois, le lendemain, à la grande surprise d'Harald, l'armée d'Harold est venue du sud pour stopper l'invasion.

Les armées combattirent à la bataille de Stamford Bridge où Harald mourrut et l'armée viking fut décimée, ce qui sonnat le glas des invasions viking de l'Angleterre.

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Ce roi guerrier qui avait à peine atteint la cinquantaine d'années fut le premier roi de Norvège à atteindre un âge aussi avancé depuis Harald Ier. Si sa poigne de fer nuit à sa popularité dans son propre pays, il n'en demeura pas moins un guerrier exceptionnel et un général remarquable. Ceci lui valut une place particulère dans la saga des rois de Norvège écrite par Snorri Sturluson.

Article de l'encyclopédie WIKIPEDIA

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04 octobre 2005

Histoire de la Norvège, des origines à la veille de la Seconde Guerre Mondiale

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C'est à l'époque où la Scandinavie se dégagea de l'emprise de la grande calotte glaciaire que les premiers hommes apparurent sur le sol norvégien, surgissant de l'ombre de la préhistoire. Il y a dix mille ans, les ancêtres des Norvégiens chassaient le renne et autre gibier sur leur longue route vers le nord. Comme la terre qu'ils trouvèrent avait été écrasée des millénaires durant par le poids de la calotte glaciaire, la côte, à l'époque, était environ 200 mètres plus haut qu'elle ne l'est aujourd'hui. Les premiers vestiges d'une activité humaine furent découverts sur une colline au sud-est d'Østfold, non loin de la frontière australe avec la Suède. Il est probable qu'à cette époque cette colline était une île côtière au sud de la pointe du glacier.

Par Tor Dagre

Les avis divergent sur les origines géographiques des ancêtres des Norvégiens et sur les voies de communication qu'ils empruntèrent en allant vers le nord. Toutefois, certains d'entre eux ont certainement passé par Østfold. Les objets artisanaux trouvés sur les lieux d'anciennes habitations ressemblent à ceux trouvés en Suède du sud et au Danemark. Il est possible aussi que d'autres aient emprunté le chemin de ce qu'on appelle le continent de la mer du Nord pour se diriger vers le sud-ouest de la Norvège.

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Les premiers Norvégiens étaient des chasseurs, qui, dès que la nature le leur permettait, se rassemblaient en petits groupes et s'installaient. Nous possédons encore quelques traces de leur présence : des outils en silex, des poteries, et surtout des gravures rupestres. On retrouve des vestiges de leur art aujourd'hui dans toute la Norvège : images taillées ou gravées dans le roc, représentant leur gibier : rennes, cerfs, élans, ours et poissons. Plus rarement, ils représentent hommes et navires.

L'agriculture fit son apparition il y a cinq ou six mille ans dans la région du fjord d'Oslo. Les découvertes archéologiques montrent qu'à l'âge du bronze (1500-500 av. J.C.), dans le sud de la Norvège, les société paysannes prédominaient, alors qu'au nord, selon des vestiges de la même époque, il y avait surtout des chasseurs. Dans le Finmark septentrional, il y a en beaucoup d'endroits des villages de chasseurs d'une dimension assez conséquente, ce qui indique clairement que les gens de l'époque se réunissaient périodiquement pour effectuer des tâches communautaires. Les objets funéraires (ustensiles en bronze, armes, verrerie) trouvés dans les tombeaux datant des Romains (les quatre premiers siècles de notre ère) témoignent de l'existence d'échanges avec les civilisations du Sud. L'écriture runique date de la même époque. Pendant les deux siècles qui suivirent (en fait, de 400 à 550), les grandes migrations qui agitèrent l'Europe continentale n' épargnèrent pas la Norvège, comme le prouvent les vestiges de l'époque. L'existence de fermes dans des régions isolées atteste d'une colonisation arrivée à saturation. Des analyses de pollen montrent que la côte ouest était alors déboisée. Cette époque troublée amena les habitants à organiser leur défense, comme par exemple par des forts, dont on peut de nos jours voir encore les vestiges sur la rive orientale du lac Mjösa ­ le plus grand lac norvégien ­ et cela sur plus de cinquante kilomètres.

L'époque des Vikings (d'environ 800 à environ 1050)

L'avènement des Vikings marque la fin des temps préhistoriques. Ce que nous savons de cette époque vient essentiellement des découvertes archéologiques, à défaut de tout document écrit. Toutefois les Sagas, qui ont été transmises oralement de génération en génération avant d'être transcrites à une époque ultérieure, sont les témoins d'une période qui, sans conteste, a été l'une des plus riches de toute la préhistoire nordique.

De nombreux historiens font remonter le début de cette période à la mise à sac de l'abbaye de Lindisfarne (nord-est de l'Angleterre) en 793. Aujourd'hui encore, dans beaucoup de régions occidentales et méridionales de l'Europe, les Vikings ont la réputation d'avoir été de cruels prédateurs semant la terreur, brûlant et tuant ceux qui se trouvaient sur leur passage. Ce n'est que partiellement vrai. Ils furent aussi de paisibles voyageurs, venant commercer avec autrui et s'installer en d'autres contrées. Certains Vikings norvégiens firent souche aux Orcades, aux Shetland, aux Hébrides et à l'île de Man, en Ecosse du nord et en Irlande, où ils fondèrent Dublin vers l'an 840, et resta sous administration viking jusqu'en 1171.

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Peinture d'Oscar Wergeland

Ils découvrirent une Islande et un Groenland jusqu'alors inhabités ; ils s'y installèrent et y fondèrent des communautés. Les Islandais d'aujourd'hui sont les descendants directs de ces Vikings. Il n'en va pas de même pour le Groenland, où, sans que l'on sache pourquoi, les communautés norroises disparurent quelques siècles plus tard.

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Ces colons venaient surtout du sud et de l'ouest de la Norvège, là où l'on avait exploité la terre au maximum. Dans le même temps, dans le nord et au sud-est, d'autres communautés (dont les communautés paysannes), s'installaient de plus en plus loin, dans des régions jusque-là désertiques, surtout dans les montagnes et les vallées.

Grands voyageurs, les Vikings avaient besoin de vaisseaux rapides, hauturiers, et d'habiles navigateurs de haute mer. Le fait que ces marins chevronnés aient franchi à plusieurs reprises l'océan pour aller en Amérique prouve, si besoin était, leur totale maîtrise des "drakkars". Selon les Sagas, Leif Eriksson aurait découvert "Vinland la fertile" en 1001, mais les historiens d'aujourd'hui prétendent que d'autres Vikings avaient découvert l'Amérique avant lui. L'époque viking devait s'achever en 1066, à la bataille de Stamford Bridge en Angleterre, où le roi norvégien Harald le Sévère et ses compagnons furent défaits.

L'unification de la Norvège

Jusque dans les années huit cent, les différentes régions qui composent la Norvège étaient encore désunies. Des hommes, des peuples voulurent les regrouper, et instituèrent deux principales structures communautaires : des assemblées politiques et judiciaires, ou "tings", réunies autour d'un"Allting"(parlement central), et de petits royaumes locaux. Il y avait sans doute différentes raisons à cela : la principale étant vraisemblablement le besoin de paix et de stabilité des paysans, particulièrement dans les régions côtières, là où les riverains, enrichis par le commerce et le pillage, étaient exposés à de fréquentes incursions de bandes armées et aux ravages que provoquaient les Vikings de retour chez eux. Les roitelets étaient solidement assis sur leurs "trônes", et, grâce aux liens créés par des mariages consanguins, ils formaient un petit groupe uni doté d'un énorme pouvoir.

Les roitelets du Viken (région autour du fjord d'Oslo) jouèrent un rôle déterminant dans cette unification. Etendant progressivement leur contrôle sur les districts avoisinants, leur pouvoir s'accrut considérablement. Après la bataille de Hafrsfjord (près de Stavanger) - vraisemblablement en 872 - le roi Harald "A la Belle Chevelure" renforça son pouvoir sur une grande partie du pays. Cependant l'unification allait se poursuivre pendant plusieurs décennies, ce qui n'alla pas sans de violents conflits aussi bien entre les chefs de guerre norvégiens, qu'avec d'autres habitants du Nord. Cette époque semble avoir pris fin en 1060.

La conversion au christianisme

La christianisation de la Norvège ne se fit que très progressivement, sur une période d'environ deux siècles. Ce n'était que la conséquence des contacts que la Norvège entretenait avec l'Europe chrétienne, grâce aux liaisons commerciales et aux raids vikings. Des missions des églises d'Angleterre, d'Allemagne et du Danemark avaient également contribué à affaiblir les croyances aux dieux traditionnels nordiques. Cette conversion fut achevée avec l'avènement de trois rois missionnaires, Haakon le Bon, Olaf Tryggvason(Olaf 1er) et Olaf Haraldsson le Gros. Il devait mourir en martyr sur le champ de bataille de Stiklestad en 1030 et y devenir saint Olaf. L'Eglise avait gagné.

Dès le milieu du 11e siècle, chansons, monuments, législation, tout révélait l'emprise du christianisme sur la Norvège. Peu avant l'an 1100 furent fondés les premiers évêchés, parmi lesquels celui de Nidaros (Trondheim) où l'archevêque siégea dès 1152. Les archevêques norvégiens jouaient aussi un rôle politique. La Réforme fut appliquée par décret royal en 1537. A cette époque, la Norvège étant sous tutelle danoise, il a suffi de déclarer la prétendue ordonnance ecclésiastique dano-norvégienne applicable à la Norvège, pour que cette Réforme lui fût imposée. Dès le début du 17e siècle, la Norvège toute entière adopta la doctrine luthérienne.

Le Moyen Age

L'année 1130 marque un tournant de l'histoire norvégienne. Elle entra dans des guerres intestines qui durèrent jusqu'en 1227.

1130 fut aussi le début de ce qu'on appelle le Haut Moyen Age. Durant cette période, la population augmenta, l'Eglise se consolida. Des villes furent fondées et prospérèrent. Au fur et à mesure que le pouvoir royal et l'Eglise étendaient leur emprise sur les districts, les pouvoirs de l'administration centrale se faisaient davantage sentir. Selon les historiens, ce n'est qu'à partir de ce moment que l'on peut parler de royaume norvégien.

Le pouvoir de la monarchie s'accrut tout au long des 12e et 13e siècles, et finit par s'imposer aux prélats et à la noblesse. L'ancienne aristocratie fut remplacée par une nouvelle classe nobiliaire fidèle au pouvoir royal. Chez les paysans, les propriétaires fonciers devinrent des métayers (farmers). Il faut préciser toutefois que ces derniers, le plus souvent locataires de leurs terres à vie, avaient un statut d'homme libre, chose plutôt rare dans l'Europe de l'époque. L'esclavage de l'époque viking disparut également.

Pendant toute cette période le centre de gravité politique norvégien se déplaça du sud-ouest vers les districts autour du fjord d'Oslo. Sous le règne de Haakon V, au 14e siècle, Oslo devint la capitale de la Norvège. Auparavant elle n'était qu'un petit hameau au fin fond du fjord. Lorsque la Peste Noire atteignit la Norvège, en 1350, on pense que la population de la ville n'excédait pas 2.000 habitants, chiffre inférieur à celui de Bergen (7.000) et de Trondheim (3.000).

Si l'on compare les revenus de l'Etat norvégien à ceux d'autres pays européens de l'époque, ils étaient extrêmement modestes. A la fin du Haut Moyen Age, les finances étaient un obstacle à l'expansion de l'appareil de l'Etat et de la Couronne. La Peste Noire avait fait des ravages, réduisant de moitié, ou peut-être même des deux tiers la population recensée avant 1350. Ce drame poussa le Roi et la noblesse à rechercher d'autres revenus, qu'ils tirèrent à l'extérieur d'autres propriétés foncières ou états féodaux, sans trop se préoccuper des frontières nationales, ce qui favorisa l'émergence d'unions politiques dans les terres nordiques.

De 1319 à 1343 la Norvège et la Suède eurent une monarchie commune - phénomène qui devait se prolonger par toute une succession de mariages royaux inter-scandinaves. Haakon VI (1340-1380), fils du roi de Suède Magnus Eriksson, et de la fille de Haakon V, Ingebjorg, était l'héritier légitime du trône de Norvège. Il épousa Marguerite, fille du roi du Danemark, Valdemar Atterdag. Leur fils Olaf fut choisi pour remplacer Valdemar à sa mort en 1375. Il hérita du trône de Norvège à la mort de son père en 1380, unissant ainsi la Norvège au Danemark pour plusieurs siècles, jusqu'en 1814.

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Valdemar Attedag

L'union avec le Danemark

La fin du Moyen Age fut marquée par la chute brutale de l'économie. La population avait été fortement atteinte par la Peste Noire et par d'autres épidémies au cours du 14e siècle. Beaucoup de fermes dans des régions reculées furent abandonnées, et les revenus s'effondrèrent. Certains en rendent responsables la détérioration du climat et la mainmise de la Ligue Hanséatique sur l'économie norvégienne. D'autres y voient la conséquence d'un appauvrissement progressif du sol.

La dépression économique eut des répercussions politiques. Le Danemark devint le pays nordique le plus important. Les nobles danois et allemands se voyaient confier les plus hautes charges officielles. Les terres et résidences épiscopales tombèrent entre des mains étrangères. La noblesse norvégienne s'affaiblit. C'est pourquoi les Norvégiens perdirent et la volonté et la faculté de s'affirmer en tant que nation.

Dès 1450 la signature d'un traité scella son union avec le Danemark. Une clause de ce traité prévoyait que le Conseil royal norvégien avait son mot à dire lors de la désignation d'un monarque ; mais cette clause ne fut jamais appliquée. Le traité devait aussi ­ en théorie ­ garantir l'égalité entre les deux royaumes. C'était un principe qui resta lettre morte.

En 1536 la Norvège perdit son indépendance, à l'occasion d'une assemblée nationale à Copenhague, où Christian III se vit dans l'obligation de promettre à la noblesse danoise que dorénavant la Norvège serait sous l'autorité de la Couronne danoise, comme tout autre territoire danois. Le Conseil Royal norvégien fut dissous, et l'Eglise norvégienne perdit son indépendance. Dès lors rien ne s'opposait à ce que la noblesse danoise eût accès aux postes officiels en Norvège, et qu'elle en tire également les revenus.

Ce lien politique étroit avec le Danemark entraîna inévitablement la Norvège dans les guerres danoises menées contre la Suède et les puissances de la mer Baltique. C'est ainsi que des terres norvégiennes furent remises à la Suède : le Jämtland et le Härjedalen en 1645, le Bohuslän et le fief de Trondheim en 1658 ; toutefois ce dernier fut rendu à la Norvège deux ans plus tard.

En 1660 l'assemblée des Etats proclama Frédérik III héritier du trône et lui confia la tâche de pourvoir les deux royaumes d'une nouvelle constitution. Ainsi furent-ils mis sous un régime de monarchie absolue, ce qui affecta durablement le statut de la Norvège, et ce jusqu'à la fin de l'union entre les deux pays. Bien que la Norvège fût officiellement gouvernée par Copenhague, les monarques danois avait rarement la stature d'homme d'Etat. Le pouvoir réel était en fait aux mains des hauts fonctionnaires. Ce fut en général une bonne chose, car ces hauts fonctionnaires ne restaient pas insensibles aux vues norvégiennes. Ils écoutaient souvent les avis que leur donnait leurs confrères quand un problème surgissait.

Frederik III

En ces temps de monarchie absolue, il avait été décidé que le Danemark et la Norvège forment une seule entité économique. C'est pourquoi le Danemark eut le monopole de la vente de céréales dans la Norvège du sud-est en 1737, tandis que réciproquement la Norvège avait le monopole de la vente du fer au Danemark. La charte royale de 1662 accorda aux villes certains privilèges, notamment le monopole du commerce du bois, et l'exclusivité d'achat de produits forestiers auprès des fermiers et des propriétaires de scieries. Ces dispositions, qui visaient à la création d'une riche bourgeoisie urbaine, furent pleinement efficaces.

Un certain sentiment national se fit jour dans ces classes moyennes grâce à l'expansion économique, particulièrement au 18e siècle. Cette conscience nationale, ayant certes émergé grâce à la croissance économique, avait surtout son origine dans l'opposition grandissante aux tentatives gouvernementales visant à faire de Copenhague le centre économique des deux pays: les commerçants norvégiens ne faisaient pas le poids face aux puissantes sociétés commerciales du capitalisme danois.

A la fin du 18e siècle, la plupart des importations transitaient par Copenhague. Les détaillants de bois du Sud-Est s'unirent pour exiger la création d'une banque nationale norvégienne, et apportèrent leur soutien aux hauts fonctionnaires qui réclamaient une Université norvégienne. Ces demandes furent rejetées : on craignait en haut lieu toute démarche susceptible de rendre la Norvège plus autonome et d'affaiblir ainsi l'Union. L'idée même d'une Université et d'une banque nationale norvégiennes allait devenir les symboles d'une conscience nationale grandissante.

Ce processus ne fit que s'accélérer au cours des guerre napoléoniennes de 1807-1814. L'Union dano-norvégienne était l'alliée de la France et, en conséquence, le blocus isola la Norvège à la fois du Danemark et des marchés étrangers. Les exportations de bois et les échanges maritimes s'arrêtèrent brutalement, la famine s'étendit au pays tout entier. Comme la Norvège ne pouvait plus être soumise au contrôle direct de Copenhague, on nomma une commission gouvernementale qui prit le relais. Une université fut créée en 1811, le roi Frédérik VI ayant finalement accédé aux demandes des Norvégiens. Ces événements furent le prélude de ce qui devait se produire en 1814.

La sécession

En 1813, à la bataille de Leipzig, Napoléon subit une défaite sévère. L'un de ses adversaires, la Suède, avait dû auparavant remettre la Finlande au tsar, et, ayant ainsi perdu un Etat-tampon à l'est, souhaitait avoir la Norvège pour la protéger sur son flanc occidental. C'est pourquoi les alliés de la Suède s'étaient engagés à lui remettre la Norvège en tant que butin de guerre.

Après la victoire des alliés à Leipzig, le Danemark fut soumis à des pressions diplomatiques et la double monarchie dano-norvégienne fut attaquée par l'ennemi venant du Holstein. En janvier 1814 Frédérik VI se rendait, rompait avec Napoléon, et remettait la Norvège à ses adversaires suédois. C'est ainsi que prirent fin 434 ans d'union entre la Norvège et le Danemark.

Toutefois l'accord conclu entre le Danemark et ses adversaires contenaient des éléments politiques d'une importance capitale pour la Norvège. L'accord stipulait clairement que la Norvège devait reprendre sa place de nation indépendante, en union avec la Suède. Dans une proclamation ultérieure, le roi Charles XIII de Suède déclara que la Norvège devait être un Etat libre, ayant sa propre constitution, sa représentation nationale, son gouvernement, et disposant du droit de lever les impôts.

Les Norvégiens n'acceptaient pas cet état de choses sans réticences. Le Prince Christian-Frédéric, neveu du roi du Danemark, était alors gouverneur de Norvège. En accord avec son oncle, il favorisa la révolte des Norvégiens afin d'empêcher les Suédois de reprendre le pays, et aussi, vraisemblablement, afin de rétablir l'Union dano-norvégienne.

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Les manoeuvres du gouverneur aboutirent à la convocation d'une assemblée constituante. Elle se tint à Eidsvoll, à quelque 70 kilomètres au nord d'Oslo. Le 17 mai 1814 la nouvelle constitution fut adoptée, et Christian Frédéric élu roi de la Norvège. Depuis lors le 17 mai est la fête nationale de la Norvège.

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Eidsvoll 1814 (Oscar A. Wergeland)

Les vainqueurs des guerres napoléoniennes n'étaient guère disposés à accepter que l'on s'écarte des termes de l'accord. Les Suédois tentèrent d'abord de faire pression sur le plan diplomatique, et lorsque cela s'avéra inefficace, ils passèrent à l'offensive militaire, avec des troupes bien entraînées, et réduisirent rapidement la résistance des Norvégiens. Un accord fut signé à Moss (au sud d'Oslo) en août : les Suédois y reconnaissaient la Constitution norvégienne signée à Eidsvoll, avec les amendements rendus nécessaires par l'Union des deux royaumes. Le roi Christian Frédéric abdiqua le 10 octobre 1814, et quitta le pays. La Norvège entrait dans une nouvelle Union.

1814-1905

Dans les années qui suivirent cet événement, la Norvège dut se battre à plusieurs reprises pour sa survie. Elle subit la pire dépression économique jamais vécue. Le marché commun avec le Danemark n'existait plus et le marché britannique se ferma aux exportations de bois norvégiennes. Mines et scieries perdirent leur clientèle étrangère. De nombreux bourgeois du Sud-Est parmi les plus aisés firent faillite. La crise fut longue et dure.

Pendant cette période de revers économiques, le Storting (l'assemblée nationale norvégienne) et la monarchie suédoise s'affrontèrent à plusieurs reprises. On se servit de la Constitution pour supprimer les titres de noblesse, et cela en partie pour empêcher le roi de Suède de se créer des appuis en anoblissant des Norvégiens. Une crise ouverte éclata en 1821 lorsque le roi de Suède réunit des troupes autour d'Oslo pour contraindre le Storting à accepter une autorité accrue du pouvoir royal. Cette tentative échoua.

A partir des années trente, la Norvège entra dans une période de stabilité économique. Il devenait nécessaire d'assouplir les réglementations commerciales et douanières. Les droits d'accès aux activités commerciales furent étendus et des pratiques de libre échange furent autorisées. La participation norvégienne au développement européen prit d'autres aspects. La première voie ferrée, entre Oslo et Eidsvoll, fut construite en 1854. On installa des lignes télégraphiques, on utilisa de nouveaux modes d'exploitation agricole.

Les fondements de l'industrie moderne furent posés en 1840, lors de la création des premières usines textiles et des premiers ateliers de construction mécanique. Entre 1850 et 1880 la marine marchande prit un essor spectaculaire.

Le développement de l'économie fut suivi d'une intensification des conflits sociaux. La révolution de 1848 ne fut pas sans conséquences pour les mouvements politiques dans la classe ouvrière. Les revendications d'une réforme démocratique se firent plus pressantes.

Au sein du Storting les antagonismes s'accentuèrent peu à peu entre les représentants des hauts fonctionnaires, et les représentants des paysans et des radicaux ­ les paysans faisaient partie de la majorité dès 1833. La première tentative de créer un parti, en 1859, se révéla infructueuse, mais dix ans plus tard le premier bloc de la gauche libérale se constitua, sans être toutefois structuré comme un parti. Le premier parti politique, la Gauche radicale, fut constitué en 1884 et sa contrepartie conservatrice, le Parti Conservateur(la Droite) fut créée quelques mois plus tard.

Les désaccords avec la monarchie suédoise firent rapidement leur apparition ; une des principales raisons en était que les autorités suédoises avaient la haute main sur la politique étrangère de l'Union. Dès 1827 le Storting demanda au roi que le Premier ministre norvégien ait son mot à dire en la matière. Les Norvégiens demandèrent d'autres mesures de rééquilibrage, telle l'adoption d'un pavillon national sur les navires de commerce.

Toutefois le principal conflit entre les deux nations portait sur l'instauration d'un régime parlementaire et de l'adoption du principe constitutionnel qui veut qu'un gouvernement ne puisse rester au pouvoir qu'avec l'accord de l'assemblée nationale. C'est dans ce but que le Storting vota des amendements à la Constitution en 1874, 1879 et 1880 et invita à chaque fois des ministres de la couronne aux débats parlementaires. A chaque fois le roi refusa les amendements.

On se demanda donc si les amendements à la Constitution requéraient vraiment les consentements conjoints du roi et du Storting. C'était ce que prétendaient le gouvernement et les représentants du groupe conservateur. Mais les libéraux de gauche décidèrent de précipiter une crise en provoquant une mise en accusation. En 1883, après une campagne électorale d'une violence sans précédent, la gauche libérale envoya 82 députés siéger au Storting, les conservateurs n'en ayant que 32. Le gouvernement Selmer fut poursuivi devant la Haute Cour de justice, puis condamné à abandonner certaines fonctions en 1884, et surtout pour avoir conseillé au roi de refuser les amendements à la Constitution. Après une période de transition où les Conservateurs assurèrent la gestion des affaires publiques, le roi n'eut pas d'autre choix que de confier la direction du gouvernement au chef de la gauche libérale, M. Johan Sverdrup. C'était la consécration du régime parlementaire norvégien.

Les libéraux firent aboutir plusieurs réformes auxquelles ils tenaient, dont l'introduction du jury dans les procès, la réorganisation de l'armée et une nouvelle loi sur l'école primaire.

A la fin du 19e siècle les heurts à propos de l'Union se multiplièrent : les Suédois voulaient que le Ministre des affaires étrangères de l'Union soit suédois, le Storting exigeait la création de consulats exclusivement norvégiens. De part et d'autre le climat se détériorait. L'armée suédoise intervint pour contrecarrer toute initiative. De leur côté, les Norvégiens consacrèrent les dernières années du siècle à la création d'une armée nationale.

Ce fut la question de la représentation consulaire séparée qui déclencha le dernier conflit. Le 11 mars 1905, le gouvernement Michelsen fut constitué pour régler ce problème de façon unilatérale. Le 7 juin, le gouvernement démissionna. Mais le Storting lui demanda de différer son départ, conformément à la Constitution et aux lois en vigueur, et "conformément aux amendements rendus nécessaires du fait que l'Union avec la Suède sous l'autorité d'un seul roi est dissoute et que le roi de Suède est déchargé de ses fonctions de roi de Norvège".

Pour les Norvégiens, l'Union était rompue. Mais les Suédois réclamèrent un référendum pour savoir si la population se ralliait à cette décision. Qui plus est, la Suède exigea des négociations sur les conditions d'une dissolution de l'Union.

Le référendum eut lieu en août 1905. 368.392 Norvégiens se prononcèrent pour la dissolution et 184 furent contre.

Les négociations se tinrent à Kalstad en août et septembre. On se mit d'accord sur une séparation à l'amiable et sous certaines conditions.

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La Norvège d'après 1905

Haakon VII

De vifs débats eurent lieu sur la forme que devrait prendre le futur gouvernement. Un référendum permit de constater qu'une grande majorité de la population préférait une monarchie à une république. Le 18 novembre 1905, le Storting proclama le prince danois Charles roi de Norvège. Il prit le nom de Haakon VII, et fit son entrée dans la capitale de son nouveau royaume, le 25 novembre, accompagné de son épouse, la reine Maud, fille d'Edouard VII d'Angleterre, et du petit prince héritier Olav, qui devait un jour monter sur le trône sous le nom d'Olav V. Le monarque actuel, Harald V, est le fils du roi Olav V, décédé en 1991.

Après sa séparation d'avec la Suède, la Norvège connut une période d'expansion économique qui dura jusqu'à la Première Guerre mondiale, en 1914. Le PNB augmenta de 55%, ce qui représentait une augmentation annuelle moyenne de 4%. La population s'accrut et la situation de l'emploi s'améliora : c'était la seconde phase de la révolution industrielle, qui se caractérisa par l'exploitation d'une énergie hydro-électrique bon marché et par l'afflux de capitaux étrangers. Les premières industries électro-chimiques et électro-métallurgiques furent construites sur le sol norvégien, et de nouveaux produits firent leur apparition. De grandes entreprises naquirent, telle Norsk Hydro, et plusieurs centres industriels émergèrent.

Malgré cet essor économique, beaucoup de Norvégiens émigrèrent aux Etats-Unis au début du siècle.

Le mouvement travailliste existait déjà, avant même la dissolution de l'Union avec la Suède. Les premiers syndicats se constituèrent en 1872, et le Parti travailliste vit le jour en 1887. Le suffrage universel fut appliqué en 1898 et élargi aux femmes en 1913.

Le parti Travailliste obtint 4 sièges dès les élections de 1903. En 1912, il obtenait 26% des suffrages avec 23 élus. Il devenait le deuxième parti représenté au Storting après le parti de la gauche libérale. Les grèves et les lockouts de 1911 et 1912 le mirent à l'épreuve, et au cours des deux années qui suivirent, jusqu'à la Première Guerre mondiale, il se fortifia et se radicalisa.

Toutefois les deux premières années d'industrialisation n'entraînèrent pas de mutations sociales importantes. En 1910, le secteur agricole et forestier employait 42% de la population active. En 1920, il n'en employait que 37%, et aujourd'hui il n'en emploie plus que 6%.

Après la dissolution de l'Union, la Norvège se vit dans l'obligation de créer un Ministère des Affaires étrangères, des représentations diplomatiques, et cela avec peu de moyens. La politique étrangère, telle qu'elle avait été définie par le gouvernement Michelsen en 1905, prévoyait que la Norvège s'abstienne de contracter des alliances avec des pays susceptibles de l'entraîner dans des conflits armés. La population apportait un soutien sans réserves à cette politique de neutralité. Cela n'empêcha pas la Norvège de participer activement à tous les efforts faits pour promouvoir des accords d'arbitrage internationaux.

La Norvège resta neutre pendant la Première Guerre mondiale, ce qui n'empêcha pas sa flotte marchande, victime des sous-marins et des mines, de subir de lourdes pertes. Environ deux mille marins y laissèrent leur vie. Mais la guerre engendra aussi des bénéfices financiers considérables, qui permirent de racheter d'importantes compagnies passées sous contrôle étranger (Borregaard, les mines de charbon de Spitsbergen au Spitzberg, etc.). Les accords conclus en 1920 après la guerre reconnurent la souveraineté de la Norvège sur le Spitzberg.

La gauche libérale perdit la majorité aux élections législatives de 1918. Jusqu'en 1945 aucun parti ne fut capable à lui seul d'emporter la majorité des sièges. Cela rendit les travaux parlementaires quelque peu difficiles. En 1928, le parti Travailliste réussit à former son premier gouvernement, mais, renversé par une majorité non-socialiste, il n'avait vécu que 19 jours.

Avant cet épisode il avait traversé une période agitée. De 1921 à 1923 il avait adhéré à l'Internationale communiste. Après avoir rompu, en partie à cause de son refus d'admettre le principe de la "dictature du prolétariat", le parti regagna du terrain aux élections.

La dépression économique, qui avait débuté dans les années 20, n'épargna pas la Norvège. La politique monétaire du gouvernement aggrava les difficultés : les transactions commerciales chutèrent, le transport maritime cessa, de nombreuses banques firent faillite. Le cours de la couronne commença à baisser et le manque de devises étrangères se fit durement sentir. Les revenus de l'Etat diminuèrent, et beaucoup de municipalités furent atteintes de plein fouet. Il fallut réduire les salaires, qui étaient élevés à la suite de la sentence arbitrale de 1920, ce qui provoqua de violentes protestations chez les ouvriers : à cette époque déjà, ils étaient fortement influencés par les idées révolutionnaires. Le chômage fut important jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale.

En 1932 l'économie se redressa, entraînant une spectaculaire amélioration de la balance des paiements. Entre 1935 et 1939, le revenu national augmenta de plus d' 1 milliard 400 millions de couronnes, somme considérable pour l'époque.

En 1920 la Norvège devenait membre de la Société des Nations, renonçant ainsi à sa politique d'isolement. La coopération entre pays nordiques, déjà amorcée pendant la guerre, se poursuivait au sein de cette institution. Ces pays apportaient leur soutien à toutes mesures de maintien de la paix, tout en évitant de participer à des sanctions militaires. Le Président du Storting, Carl Joachim Hambro, était Président de la Société des Nations quand la Seconde Guerre mondiale éclata.

A la fin des années trente, quand les prémices de la guerre se faisaient de plus en plus menaçantes, les problèmes de la Défense nationale furent le thème essentiel des débats politiques. Les socialistes, en partie soutenus par la gauche libérale, s'étaient jusqu'alors fermement opposés à tout octroi de crédits à l'armée. La méfiance des socialistes était partiellement due au fait que le Ministre de la Défense du début des années trente était Vidkun Quisling, (qui plus tard devint national-socialiste), et qu'il faisait partie du cabinet ministériel du gouvernement dirigé par les agrariens. En 1936, le Parti travailliste revenait former un gouvernement, avec le soutien de ces derniers. Johan Nygaardsvold devint Premier Ministre. Les crédits militaires furent votés, mais c'était trop tard pour renforcer réellement le pouvoir de l'armée. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata en 1939, la Norvège se proclama neutre une nouvelle fois.

L'auteur de cet article, Tor Dagre, a été rédacteur en chef de Nouvelles de Norvège.

Rédigé par Nytt fra Norge - 1996

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Article encyclopédique

Partie sur l'histoire du Ministère des Affaires étrangères

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03 septembre 2005

Les Vikings

Pendant la période qui s'étend de l'an 800 à l'an 1050 après J.C., les peuples du Nord firent leur entrée spectaculaire sur la scène européenne. Ils la prirent d'assaut, terrorisant des sociétés déjà bien organisées qui étaient, certes, habituées à la guerre, mais non à la foudroyante tactique des Vikings. Cependant, les rapports entre la Scandinavie et le reste de l'Europe n'avaient rien de nouveau. Les fouilles archéologiques montrent que le commerce et les contacts culturels remontent à plusieurs millénaires avant J.C.. Néanmoins, les pays nordiques constituaient un avant-poste éloigné ne présentant qu'un intérêt politique et économique limité pour le reste de l'Europe.

Par Arne Emil Christensen

Cette situation se modifie peu avant l'an 800. En 793, le monastère de Lindisfarne, sur la côte est de l'Angleterre, est dévasté par des pirates étrangers ; c'est de cette même époque que datent les premiers récits racontant de semblables expéditions en d'autres lieux en Europe. Les chroniques et les contes des deux siècles suivants contiennent d'inquiétants rapports sur les Vikings. Des bateaux, en flottes plus ou moins nombreuses, attaquaient toutes les côtes européennes. Les Vikings remontèrent les fleuves de France et d'Espagne, se rendirent maîtres de la plus grande partie du territoire irlandais, de vastes étendues de terres en Angleterre, prirent le contrôle des vallées fluviales russes et de la côte balte. On a retrouvé des récits d'expéditions en Méditerranée, et, à l'est, jusqu'à la mer Caspienne. Prenant Kiev comme point de départ, les hommes du Nord furent assez téméraires pour tenter d'attaquer Constantinople, la capitale de l'Empire byzantin. Finalement, les actes de pillage firent place à la colonisation. Les noms de lieux sont révélateurs de l'importance de la population viking dans le nord de l'Angleterre, tout autour de York. Plus loin, au sud, il y avait un vaste territoire qu'on appelait Danelaw. Les îles du nord de l'Ecosse virent se développer une population mi-celte mi-nordique et des sociétés prospères s'établirent en Islande et au Groenland.

L'expansion vers l'ouest s'acheva par une tentative infructueuse de colonisation en Amérique du Nord. Vers l'an 1000, des populations venues d'Islande et du Groenland, navigant vers l'ouest, découvrirent des terres, et les sagas nous parlent de plusieurs expéditions dont certaines étaient entreprises dans le but d'y installer des colonies. Mais des conflits s'élevèrent entre les colons et les Indiens autochtones, ou avec les Esquimaux, et les nouveaux venus durent renoncer à leurs projets.

Les recherches faites pour identifier les lieux de débarquement des hommes du Nord ont conduit à des endroits aussi différents que le Labrador ou Manhattan, selon les diverses interprétations des sagas islandaises. Dans les années 1960, Anne-Stine et Helge Ingstad ont trouvé le site d'une des premièrs domaines ruraux établis sur la côte au nord du Newfoundland. Les fouilles montrèrent qu'il s'agissait d'une construction analogue à celles que l'on trouve en Islande et au Groenland. En outre des objets de fabrication nordique datant de l'an 1000 environ y furent mis au jour. Ces objets avaient-ils appartenu à ces colonies dont parlaient les sagas ou provenaient-ils d'autres expéditions dont nous ne savons rien? Il est impossible de répondre à cette question. Ces fouilles prouvent cependant que, comme le racontent les sagas islandaises, des navigateurs nordiques ont réellement atteint le nord du continent américain aux environs de l'an 1000.

Pauvreté et surpopulation

Quelles sont donc les raisons de cette expansion guerrière en l'espace de quelques générations? Des états stables tels que la France et les royaumes anglo-saxons en Angleterre semblent n'avoir pas résisté longtemps aux épées des assaillants. Comme on pouvait s'y attendre, leur description, transmise par les chroniques de l'époque, est déformée ; les Vikings nous sont présentés comme des voleurs et d'abominables bandits. Ce qu'ils étaient réellement....Mais ils devaient avoir aussi d'autres traits de caractère. Certains de leurs chefs ont très certainement été des administrateurs extrêmement habiles. Une tactique militaire efficace pouvait permettre de remporter une victoire, mais les Vikings ont aussi fondé des royaumes dans les territoires qu'ils avaient conquis. Certains d'entre eux n'ont pas survécu à la période viking, tels ceux de Dublin et d'York. Mais l'Islande est toujours une nation prospère. Le royaume viking de Kiev a jeté les fondements de l'Empire russe et l'on retrouve très nettement les traces du génie organisateur des chefs vikings dans l'île de Man et en Normandie.

On a trouvé au Danemark des vestiges de forteresses datant de la fin de cette période. Elles servaient à d'importantes forces armées. Ces forteresses sont circulaires, divisées en quarts de cercle, et à l'intérieur de chacune de ces quatre sections s'élève une construction carrée. La précision même de cette architecture témoigne d'un sens aigu de l'ordre et de l'organisation. Visiblement, à la cour du roi du Danemark certaines personnes avaient une connaissance approfondie des techniques topographiques et géométriques.

Outre les récits provenant d'Europe occidentale, nous disposons de sources écrites émanant d'autres Vikings contemporains, de voyageurs arabes et de voyageurs venant de Byzance. De brèves inscriptions ont même été retrouvées sur le sol viking - les runes, gravées dans le bois et dans la pierre. Les sagas des XIIème et XIIIème siècles ont également des choses à nous révéler sur l'époque viking, même si elles ont été consignées plusieurs générations après.

Les Vikings venaient de contrées devenues aujourd'hui le Danemark, la Suède et la Norvège. Leur société était rurale et autarcique ; aux travaux de la ferme et de l'élevage s'ajoutaient la chasse et la pêche, l'extraction du fer et l'exploitation des carrières de pierre pour fabriquer des meules à aiguiser et des ustensiles de cuisine. Même si les fermiers vivaient généralement de leurs propres produits, certaines denrées devaient être achetées - le sel par exemple, aussi nécessaire à l'homme qu'au bétail.

Le sel est une denrée que l'on utilise quotidiennement ; on allait l'acheter le plus près possible, tandis qu'on allait chercher plus au sud en Europe les articles de luxe. Le fer, les pierres à aiguiser et les ustensiles de cuisine étaient d'importants produits d'exportation en stéatite. Et ils apportèrent une contribution essentielle à l'expansion commerciale de cette période. Même aux époques où les expéditions scandinaves étaient nombreuses, le commerce se poursuivit entre l'Europe occidentale et les pays nordiques. L'un des rares témoignages que nous possédons sur les conditions de vie dans la Norvège de l'époque fut consigné par un chef de la Norvège du Nord, Ottar. Il rendit visite au roi Alfred de Wessex alors qu'à la même époque le roi Alfred guerroyait contre d'autres chefs vikings.

On a laissé entendre que l'expansion viking de l'époque était due au fait que, la population ayant augmenté, les ressources économiques locales étaient devenues insuffisantes. Les découvertes archéologiques ayant toutefois montré que dans le même temps on construisait de nouvelles fermes dans des régions forestières peu peuplées, il semblerait que la poussée démographique n'ait été que l'un des facteurs de cette expansion. Les importants gisements de fer eurent aussi leur importance : ils permirent de fabriquer des armes pour tous ceux qui partaient en expédition, et ces armes furent un des éléments de la supériorité viking.

Avantages tactiques des bateaux vikings

En Scandinavie, la construction des bateaux contribua à la prépondérance tactique des Vikings. Un archéologue suédois bien connu a écrit que les bateaux vikings sont les seuls bateaux de grande navigabilité et pouvant effectuer des débarquements à avoir jamais été utilisés par des forces d'invasion. Même s'il s'agit là d'une exagération, cela explique largement le secret de la supériorité militaire des Vikings. De nombreux récits de leurs assauts confortent cette théorie. L'élément de surprise était primordial. Une attaque rapide par la mer, des bateaux légers qui n'avaient nul besoin d'un port - pouvant ainsi s'approcher d'une côte là où on s'y attendait le moins - une retraite rapide avant le déclenchement d'une contre-offensive, tels étaient les éléments de cette tactique.

Selon qu'ils étaient danois, suédois ou norvégiens, les Vikings s'intéressaient à des zones géographiques différentes, même si souvent certains se réunissaient pour participer à des expéditions communes quand les chefs les plus renommés prenaient la mer. En général les Suédois faisaient route vers l'est et contrôlaient les circuits commerciaux en navigant sur les fleuves russes. Lors de fouilles archéologiques en Suède, on trouva de grandes quantités de monnaies arabes en argent qui témoignent du commerce intensif de l'époque. Les Danois faisaient route vers le sud, la Frise, la France et le sud de l'Angleterre tandis que les Norvégiens mettaient le cap sur l'ouest et le nord-ouest, vers le nord de l'Angleterre, l'Ecosse, l'Irlande, les Orcades, les Shetland et les Féroé.

Les bateaux n'étaient pas seulement nécessaires pour le commerce et les expéditions guerrières ; ils étaient aussi la condition préalable à une colonisation réussie lorsque des familles entières, avec bétail et bagages, voguaient vers des terres nouvelles. Les dangereuses traversées de l'Atlantique Nord, vers les Orcades, les Shetland, les Féroé, l'Islande et le Groenland prouvent que les constructeurs de navires de l'époque viking construisaient des embarcations d'une très grande navigabilité et dont la rapidité permettait des attaques dans la région de la mer du Nord. Les marins découvraient des terres nouvelles, des colons les y succédaient, ou bien ces derniers allaient s'y installer après avoir écouté les récits des voyageurs, qui, revenus de leurs expéditions guerrières ou commerciales, évoquaient ces terres étrangères où l'on vivait dans l'abondance.

Dans certaines contrées les Vikings paraissent avoir procédé à des transferts de populations locales ; dans d'autres, tel le nord de l'Angleterre, il semble que l'activité principale des hommes du Nord ait été l'élevage et qu'ils aient utilisé des sols peu intéressants pour les cultivateurs de céréales locaux.

Ceux qui s'en furent en Islande et au Groenland découvrirent des terres vierges. Exception faite peut-être de quelques moines irlandais installés en Islande, qui n'allaient pas tarder à partir "parce qu' ils ne pouvaient supporter d'avoir des païens pour voisins", il semblerait que l'Islande et les régions du Groenland colonisées par les Vikings n'étaient pas habitées quand les hommes du Nord y abordèrent.

Les références contemporaines dont nous disposons sur les Vikings nous viennent essentiellement d'Europe occidentale ; il n'est donc pas étonnant que les habitants de cette région, ayant fait d'amères expériences avec les envahisseurs, nous les aient présentés sous leurs pires aspects. Les fouilles archéologiques pratiquées tant en pays viking que sur les lieux où ils fondèrent des colonies nuancent cette image. Nous avons découvert dans des fermes, des dépendances, sur les places de marché de l'époque, des objets perdus ou mis au rebut qui témoignent d'une vie quotidienne ordinaire.

Nous avons découvert des traces d'extraction de fer dans les régions montagneuses, là où le minerai de fer, la tourbe et de très grandes quantités de bois de chauffage avaient permis l'essor d'une industrie florissante. On a aussi retrouvé et analysé le sol des carrières dont on utilisait la stéatite pour les poteries, et des pierres à aiguiser d'une exceptionnelle qualité. D'heureuses circonstances nous ont permis de mettre au jour de très anciens champs ayant été cultivés puis laissés en jachère. On a retrouvé dans ces endroits des entassements de pierres que les paysans d'autrefois avaient écartées, empilées péniblement pour pouvoir cultiver ; et un examen attentif nous permet même de déceler des traces de sillons laissées par les charrues des Vikings.

Villes et royaumes

Tandis que la société viking évoluait, les clans des notables accumulaient terres et pouvoirs, jetant les fondations de futurs royaumes ; ainsi furent fondées les premières cités. De Staraja Ladoga et Kiev en Russie à York et à Dublin, dans les îles Britanniques, il nous est possible de reconstituer la vie quotidienne des citadins. Commerce et artisanat créaient marchés et cités. Même si leurs habitants se consacraient vraisemblablement à leurs occupations traditionnelles (élevage, travaux agricoles et pêche, pour subvenir aux besoins familiaux), il est certain que les villes dépendaient de produits agricoles venant des régions avoisinantes. Le récit d'Ottar au roi Alfred parle du marché de Kaupang près de Larvik (Norvège du Sud). Kaupang devait rester un marché, alors que l'on pourrait qualifier de villes Birka, sur les bords du lac Mälar en Suède, et Hedeby, à la frontière germano-danoise. Toutes deux furent abandonnées à la fin de la période viking, mais Ribe, dans le Jutland occidental (Danemark), est toujours prospère, tout comme York et Dublin. Dans ces villes, nous trouvons des zones bien organisées avec des parcelles bien définies, des routes et des enceintes fortifiées. Certaines de ces cités ont manifestement été construites selon des règles d'urbanisme. Beaucoup ont été créées conformément à la volonté des rois qui, directement ou par l'intermédiaire d'hommes de confiance, intervenaient dans la planification urbaine et la distribution des terrains. Nous pouvons constater que l'évacuation des ordures et l'entretien les préoccupaient moins que le tracé des villes, comme en témoignent les terrains vagues en strates épaisses qui ont été retrouvés. Les odeurs devaient être insupportables pour les habitants. Nous retrouvons aujourd'hui des objets de la vie quotidienne de l'époque, depuis les détritus provenant des divers ateliers d'artisans jusqu'aux puces et aux poux, et il nous est possible de reconstituer cette vie : pêle-mêle, on y voit certains objets venus probablement de très loin, telles les monnaies arabes en argent ou les soieries de Byzance, et la production locale des forgerons, des cordonniers et des cardeurs.

Les dieux nordiques

A la fin de l'ère viking les pays nordiques étaient presque tous convertis au chirstianisme. Il succédait à un paganisme qui avait son panthéon de dieux et de déesses, chacun exerçant son pouvoir dans le domaine qui lui était propre. Odin, vieux et sage, était leur chef. Thor était le dieu des guerriers tandis que la déesse Frøj était la déesse de la fertilité du sol et du bétail. Loke était un fourbe et un sorcier sur lequel on ne pouvait compter et en qui les autres dieux n'avaient pas confiance. Les dieux avaient de dangereux adversaires ­ les jotuns, (ou géants) ­ qui représentaient la face obscure de la vie.

Nous connaissons surtout les dieux païens par les manuscrits du début de la christianisation, récits sans doute influencés par la foi nouvelle. Des noms de fermes tels que Thorshov, Frøyshov ou Onsaker révèlent leur origine païenne (grâce au nom du dieu qu'ils évoquent (Thor, Frøy ou Odin). Aujourd'hui encore les noms de lieux norvégiens ayant leur dernière syllabe en hov indiquent qu'il y eut jadis sur ces sites des temples païens dédiés à ces dieux. Les dieux avaient des traits de caractère humains et, tout comme leurs homologues grecs de l'Olympe, ils menaient une vie dissolue. Ils se battaient, faisaient ripaille et se livraient à des beuveries. Les mortels qui tombaient au combat allaient directement festoyer avec les dieux et les pratiques funéraires indiquent clairement que les défunts avaient les mêmes besoins matériels dans la vie après la mort qu'ici-bas. A l'époque viking le mort pouvait être enterré ou incinéré mais dans les deux cas les présents funéraires étaient nécessaires. L'importance du bagage que le défunt emportait avec lui atteste, tout comme la variété des traditions funéraires, de sa condition sociale pendant son existence terrestre. En Norvège, ces traditions étaient particulièrement riches. C'est ainsi que les tombes sont une extraordinaire mine de renseignements sur la vie quotidienne. Tout ce qui était prévu pour l'au-delà nous donne un aperçu sur leur univers - même si le temps a fait son oeuvre et qu'il ne reste que quelques débris des objets enterrés.

Les vestiges trouvés dans les tombes viennent enrichir notre matériel provenant des fouilles sur les lieux où vivaient les Vikings. Sur ces sites, qu'il s'agisse de domaines ruraux ou de cités, nous trouvons des objets endommagés ou égarés, des maisons en ruine, des déchets de nourriture ou des détritus provenant des ateliers d'artisans, et nous retrouvons dans les sépultures quelques-uns des effets personnels les plus raffinés des défunts.

Une société violente

On reconnaît la violence de cette société au fait que les tombeaux des hommes contiennent presque toutes des armes. Un guerrier bien équipé se devait d'avoir une épée, un bouclier en bois muni en son milieu d'une protection en fer pour la main, une lance, une hache et un arc qui pouvait avoir jusqu'à 24 flèches. Les casques et les cottes de mailles avec lesquels la plupart des Vikings sont représentés de nos jours sont extrêmement rares dans le matériel archéologique. Les casques à cornes que l'on retrouve aujourd'hui dans toutes les descriptions n'ont jamais été retrouvés parmi les objets datant de cette période. Même dans les tombes renfermant les plus impressionnantes quantités d'armes, nous retrouvons des indices d'activités plus pacifiques : faucilles, faux et houes reposent à côté des armes. Le forgeron était enterré avec son marteau, ses tenailles, son enclume et sa lime. L'agriculteur vivant au bord de l'eau conservait son équipement de pêcheur et il était souvent enterré dans un bateau. On mettait souvent des bijoux personnels dans les sépultures des femmes, ainsi que des ustensiles de cuisine et des objets servant à la confection d'étoffes. Les bateaux servaient aussi souvent de sépulture aux femmes. Tout ce qui est objets en bois, en cuir et textiles n'a généralement pas résisté au séjour dans la terre, aussi nos connaissances comportent-elles de nombreuses lacunes.

Quelques tombes ensevelies dans la terre ont été mieux conservées que d'autres : en de nombreux endroits du fjord d'Oslo, nous avons trouvé, juste au-dessous de la tourbe, de l'argile bleue, dense et étanche. Après quelque mille ans, certaines sépultures sont encore en assez bon état et cela nous a permis de retrouver tout un échantillonnage d'objets. Les trésors des énormes bateaux-tombes vikings à Oseberg, Gokstad et Tune, bateaux que l'on peut voir au Musée des bateaux vikings, à Bygdøy, Oslo, sont un parfait exemple du cadeau fait aux générations futures quand les conditions de conservation sont satisfaisantes. Nous ne savons pas qui étaient les défunts, mais manifestement ils appartenaient à la classe supérieure de la société : peut-être à la famille royale, qui, quelques générations plus tard, fera de la Norvège une nation unie.

Le tombeau d'Oseberg était un grand bateau utilisé comme chambre funéraire ; on pense qu'il date de 850 après J.C., et celui de Gokstad et de Tune, d'une ou deux générations après. Seule la coque du bateau de Tune a été conservée ; les pilleurs de tombeaux ont fait disparaître presque tout ce qu'il renfermait. Mais il en reste suffisamment pour nous rendre compte qu'à l'origine ce bateau était aussi beau que les deux autres. Le bateau de Tune mesurait une vingtaine de mètres de long, celui d'Oseberg environ 22 mètres et celui de Gokstad 24 mètres.

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Pour les funérailles, on amenait le bateau sur la terre ferme et on le plaçait dans une fosse. On installait une chambre funéraire derrière le mât, et sur le lit qu'elle contenait on mettait le défunt revêtu de ses plus beaux atours. On emmagasinait dans cette chambre d'abondantes provisions, des chiens et des chevaux sacrifiés, puis on élevait un grand tumulus au-dessus du navire.

Un Arabe voyageant en Russie à la fin du IXème siècle y rencontra des Vikings qui procédaient aux funérailles d'un de leurs chefs. Ibn Fadlan consigna ses observations sur un journal que nous avons pu retrouver : le bateau du chef décédé avait été hissé hors de l'eau ; tous les objets de valeur y avaient été mis, et on avait installé sur un lit le corps du défunt revêtu de beaux vêtements. Il y avait également une esclave qui, ayant choisi de suivre son maître dans la mort, avait été sacrifiée, ainsi qu'un cheval et un chien de chasse. Le bateau et tout ce qu'il contenait fut ensuite brûlé, et un tertre funéraire élevé au-dessus des cendres. Nous avons retrouvé dans les pays nordiques et en Europe occidentale, dans les anciennes colonies vikings, des bateaux qui avaient été brûlés de la même façon, mais les grands tombeaux le long du fjord d'Oslo furent épargnés. Nous avons retrouvé un homme dans le bateau de Gokstad et il est probable qu'il y en avait un aussi dans celui de Tune. Cependant deux femmes ont été ensevelies dans le bateau d'Oseberg. L'un des squelettes est celui d'une femme de 50 à 60 ans, l'autre celui d'une femme de 20 à 30 ans. Mais quant à savoir laquelle des deux était la suivante ou la dame de noble naissance, nous en sommes réduits aux spéculations.

Les tombeaux d'Oseberg et de Gokstad ont tous deux été saccagés par les pilleurs de tombes, si bien que les bijoux et les armes de luxe qu'ils devaient sûrement contenir n'ont pu être retrouvés. Mais les objets en bois, en cuir et les textiles qui ne présentaient aucun intérêt pour les voleurs sont restés. Il y a des vestiges de tombeaux semblables ailleurs et il semble que l'usage voulait que l'on mette dans les tombeaux des chiens et des chevaux sacrifiés, de belles armes, du matériel de navigation (tels des avirons, une planche d'appontement, des écopes), des casseroles servant à l'équipage, une tente, et souvent de la belle vaisselle de bronze importée. Sans aucun doute cette vaisselle a jadis contenu la nourriture et les boissons destinées au défunt.

Il n'y avait aucune trace d'armes dans la tombe d'Oseberg, ce qui est assez logique, s'agissant d'une tombe de femme. Mais tous les autres équipements ordinaires s'y trouvaient. En outre les objets offerts à la dame de noble naissance témoignaient de sa dignité d'administrateur et d'épouse ayant vécu sur un riche domaine. Nous supposons que les femmes assumaient la responsabilité totale de la gestion du domaine quand les hommes étaient absents. La femme d'Oseberg était, comme nombre de ses contemporaines, une dame autoritaire et très respectée, qu'elle soit avec d'autres femmes, ou qu'elle soit à sa quenouille, devant son métier à tisser, qu'elle surveille les travaux des champs ou la traite des vaches, ou bien la fabrication du fromage et du beurre. Outre le bateau, elle emportait un chariot et trois traîneaux. Elle était prête à toute éventualité et partait en beauté. Le nombre de chevaux nécessaires avait été sacrifié pour tirer le chariot et les traîneaux.

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On trouva dans cette tombe bien d'autres choses : une tente, des ustensiles de cuisine, des outils pour fabriquer les étoffes, des coffres et des petites boîtes pour objets de valeur, une planche à pain, des seaux à lait et des louches, un couteau à découper et une poêle à frire,des pelles et râteaux, une selle, un collier de chien. Parmi les provisions il y avait aussi deux boeufs abattus ; sur une grande planche à pain en bois, une pâte de farine de seigle et mise à lever, et, pour le dessert, il y avait des pommes dans un seau joliment décoré.

Parmi les nombreux objets en bois, beaucoup étaient sculptés. Il est probable que plusieurs artistes travaillaient dans le domaine de la défunte. Même des choses aussi utilitaires que les limons du traîneau étaient en bois ouvragé. Hormis les fouilles d'Oseberg, l'essentiel de nos connaissances sur l'art viking nous vient des bijoux de petite taille. Le choix des motifs est le même que pour le bois sculpté. Les artistes s'intéressaient aux représentations stylisées d'animaux. Il s'agissait d'animaux imaginaires, torsadés et entremêlés dans un enchevêtrement serré de volutes. Ces objets ouvragés sont de superbes exemples d'un artisanat très élaboré ; les sculpteurs sur bois d'Oseberg devaient être aussi habiles à manier les ciseaux et les couteaux à gaine que les épées ou les haches de combat.

L'homme enterré dans le bateau de Gokstad a, lui aussi, employé les talents d'un sculpteur sur bois, même si les objets que nous avons découvert ne sont pas aussi richement décorés que ceux d'Oseberg. Le bateau d'Oseberg avait un franc-bord peu élevé et il convenait mieux à la navigation par beau temps. Avec trente rameurs ou un vent favorable, il devait être un moyen de transport rapide. Le bateau de Gokstad est probablement le bateau personnel d'un homme fortuné et non un vrai drakkar fait pour transporter de nombreux guerriers. Il avait été conçu pour tenir mieux la mer que celui d'Oseberg. C'est ce que l'on a constaté quand on a traversé l'Atlantique en utilisant des répliques de ce navire. La conception de la coque assurait sa rapidité, que ce soit en navigant avec la voile ou les trente-deux rameurs. Même avec l'équipage au complet, le bateau de Gokstad n'avait pas plus d'un mètre de tirant d'eau ; aussi il aurait pu être facilement utilisé pour attaquer des côtes étrangères. Il est bien possible que l'expérience acquise par les Vikings au cours de leurs fréquentes traversées au début du IXe s. ait conduit à une évolution rapide de la conception de la coque. Si cette hypothèse est la bonne, alors les différences entre le bateau d'Oseberg et celui de Gokstad sont le fruit de l'expérience de deux générations ayant navigué en mer du Nord, et de longues discussions entre les constructeurs en quête d'améliorations.

Mille ans d'évolution

Les bateaux vikings étaient construits à clins. Les navires utilisés pour atteindre les rivages lointains étaient le produit de dix siècles de vie en mer du Nord. Les constructeurs s'efforçaient de construire des bateaux souples, légers, se soumettant aux forces conjuguées du vent et de la mer, utilisant les éléments au lieu de s'y opposer. La coque des bateaux vikings était construite sur une quille solide qui, avec un arc finement incurvé, formait l'ossature du bateau. Les planches étaient adaptées l'une après l'autre à la quille et à la proue, elles-mêmes attachées ensemble par des rivets en fer. Cette coque en forme de coquille donnait force et souplesse. Après avoir donné au bateau la forme voulue, le constructeur mettait des membrures faites de bois d'arbres naturellement incurvés, ce qui rendait le navire plus solide. Pour augmenter la souplesse on liait les planches aux membrures. Des supports transversaux à hauteur de ligne de flottaison renforçaient le navire sur les côtés. Des rondins particulièrement solides consolidaient le mât.

Les voiles carrées étaient fixées au mât. L'équipage pouvait utiliser les avirons quand le temps était calme ou quand il y avait un violent vent contraire.

La période viking vit la construction de différents types de bateaux. Il y avait ceux destinés aux combats, pouvant loger un équipage important et aller vite. Il y avait aussi les bateaux construits pour le commerce et pour lesquels la vitesse avait moins d'importance. Ils étaient plus spacieux, afin de pouvoir contenir un plus grand chargement. Ces bateaux n'étaient pas faits pour contenir beaucoup d'hommes équipage et ils étaient plus adaptés à la navigation à voile plutôt qu'à la navigation avec avirons.

L'avènement du christianisme

Les expéditions vikings se firent moins fréquentes à partir de l'an 1000 environ. Les Vikings étaient devenus chrétiens et leur conversion était un frein à leurs envies de pillage. Le Danemark, la Suède et la Norvège étaient devenus des royaumes distincts, le plus souvent unis sous l'autorité d'un même monarque. La vie n'était pas toujours calme, même dans les royaumes chrétiens, mais les guerres étaient le fait des changements d'alliances entre rois.

Les Etats pouvaient guerroyer, mais le temps des guerres privées était passé, comme était passé celui de la colonisation. Les relations commerciales établies pendant la période viking se poursuivirent et les pays nordiques devinrent une partie de l'Europe chrétienne.

Arne Emil Christensen, auteur de cet article, est Docteur en Philosophie et Conservateur en chef du Musée Universitaire des Antiquités Nationales à Oslo. Il s'est spécialisé dans l'histoire de la construction navale et des métiers de l'artisanat à l'Age du Fer.

Source : Nytt fra Norge  - Mars 1996

Ouvrages sur les Vikings

Les Vikings Les Vikings, par Régis Boyer - Edition Perrin

Présentation de l'éditeur
Nourri de vagues réminiscences médiévales et des récits fantasmatiques détachés de leur contexte, exacerbé au XIXe siècle par les aspirations nationalistes des pays scandinaves, le mythe du Viking cruel et sanguinaire est tenace. Régis Boyer, en s'appuyant sur les documents les plus solides (archéologie et sources strictement contemporaines de la civilisation viking), démêle toutes les confusions et les erreurs qui s'attachent à ce peuple que l'on croyait barbare et dont il révèle les qualités humaines. Pourquoi et comment ces hommes se sont-ils déplacés dans toute l'Europe, de 800 à 1050 environ ? A la faveur de quelles circonstances ont-ils pu s'installer à l'est comme à l'ouest - pays scandinaves, Groenland, Normandie, Angleterre -, et se voir offrir l'administration de leurs nouveaux territoires ? Comment ont-ils fondé l'Etat russe ? Qu'ont-ils apporté à l'Occident ? Auraient-ils pu découvrir l'Amérique ? Si les Vikings n'étaient pas les guerriers invincibles que l'on croyait, il demeure que leur migration est un des temps forts de l'histoire de l'Occident, et qu'elle continue de surprendre
.

Les Vikings à travers le monde 

Les Vikings, par Jean Mabire - Edition de L'Ancre de Marine

Présentation de l'éditeur
Sous la plume alerte de Jean Mabire, voici, superbement contée, la fabuleuse histoire des Vikings, rois des mers. Voici rassemblés les exploits d'Erik le Rouge, Harald Dent Bleue, Harald Belle Chevelure et tant d'autres, fils de la tempête et du feu, guerriers de la race des aigles et des loups. De la Baltique à la Méditerranée, franchissant l'Atlantique, explorant le futur Canada, ils déferlent sur le monde connu, dont ils repoussent les limites. Jean Mabire a pris le parti de ressusciter, pour l'émotion et le plaisir du lecteur, des scènes et dialogues vivants, retraçant les épisodes les plus extraordinaires de cette épopée. Bien qu'elle s'adresse à notre imagination, cette narration est impeccablement documentée, historiquement solide. Jean Mabire au sommet de son art.

Les scandinaves 

Les Scandinaves- Histoire des Peuples Scandinaves - Epanouissement de leur civilisation, des origines à la Réforme, par Maurice Gravier - Edition Auzou

-   Les Vikings... Les Scandinaves et l'Europe 800-1200 - 22ème exposition d'Art du Conseil de l'Europe. Exposition présentée au Grand Palais (Paris) du 2 avril au 12 juillet 1992

- Les Vikings, conquérants, commerçants et pirates - l'encyclopédie sous-marine - Editions Periplus

L'Europe des Vikings
L'Europe des Vikings, catalogue de l'exposition présentée à Daoulas en 2004 - Editions Hoebeke - Collection Abbaye de Daoulas
-   Les peuples scandinaves au Moyen-Âge, par Lucien Musset aux éditions des presses universitaires de France

Cultural Atlas of the Viking World Cultural Atlas of the Viking World, sous la direction de James Graham Campbell - Edition Facts on File

Revue :

Dossiers d'Archéologie N° 170 - Avril 1992

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Liens :

Musée des bateaux vikings (Oslo)

Article encyclopédique sur les vikings

Le Mot "Drakkar" : a bannir de votre vocabulaire !

Tapisserie de Bayeux - Normandie - XIème siècle

"À noter que le mot drakkar n'est pas tout à fait scandinave. En effet, si on regarde la définition de drakkar dans un dictionnaire danois, on peut lire la définition suivante :

Drakkar : mot français désignant les navires vikings.

Le véritable nom désignant les drakkar est knörr ou snekkar. Drakkar est la transformation de ces mots norois (ancienne langue scandinave) signifiants dragon ; du fait que les bateaux viking étaient souvent ornementés de scultures en haut de la proue." Source : encyclopédie Wikipedia

Posté par Norvege à 11:55 - Histoire - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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